Trêve hivernale expulsion locataire 2026 : dates, règles et recours
Chaque année, des milliers de locataires redoutent la période hivernale. Pourtant, un dispositif légal protège les occupants contre les expulsions forcées entre novembre et mars : la trêve hivernale expulsion locataire. En 2026, ce bouclier juridique reste en vigueur, mais des évolutions récentes imposent une vigilance accrue. Que vous soyez locataire menacé ou propriétaire en quête de solutions, cet article détaille les dates clés, les règles précises et les recours disponibles.
La trêve hivernale expulsion locataire 2026 s’applique du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027. Pendant cette période, aucune expulsion physique ne peut être exécutée, sauf exceptions très limitées. Mais attention : la trêve ne suspend pas les procédures judiciaires. Un locataire peut encore recevoir une décision de justice, et les dettes continuent de courir. Comprendre ce mécanisme est essentiel pour éviter les pièges.
AvocatSOS.fr vous accompagne dans toutes les situations d’urgence civile. Cet article fait le point sur la trêve hivernale expulsion locataire 2026 : dates, règles dérogatoires, recours pour les deux parties, et les textes applicables. Que vous cherchiez à vous protéger ou à agir dans le respect de la loi, vous trouverez ici une analyse pratique et actualisée.
⚡ Points clés à retenir
- 🗓️ Dates 2026 : du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027 (inclus).
- ⚖️ Aucune expulsion par la force publique pendant la trêve, sauf décision spéciale du juge.
- 🏠 La trêve ne suspend pas les dettes de loyer ni les procédures judiciaires en cours.
- 🚨 Exceptions : logement insalubre, violence domestique, occupation sans droit.
- 📞 Recours possibles : commission de surendettement, fonds de solidarité logement, aide juridictionnelle.
- 👨⚖️ Depuis 2025, les juges peuvent accorder des délais de grâce renforcés même après la trêve.
1. Dates officielles et calendrier 2026
La trêve hivernale expulsion locataire 2026 commence le 1er novembre 2026 à 0h00 et se termine le 31 mars 2027 à 23h59. Pendant ces 5 mois, les préfets et les forces de l’ordre ne peuvent procéder à aucune expulsion locative, sauf autorisation expresse du juge.
Il est crucial de noter que la trêve s’applique à toutes les expulsions locatives, qu’il s’agisse de logements vides ou meublés, qu’ils soient loués dans le cadre d’un bail classique ou d’un logement social. La seule condition : l’occupant doit être de bonne foi.
« La trêve hivernale n’est pas un blanc-seing. Elle protège le locataire contre l’expulsion forcée, mais elle ne gèle pas les dettes. Un locataire qui ne paie pas son loyer pendant la trêve accumule des arriérés et risque une expulsion dès le 1er avril. » — Me Julien Lefèvre, avocat en droit immobilier
💡 Conseil d’expert : Si vous êtes locataire, utilisez la période de trêve pour négocier un plan d’apurement avec votre propriétaire ou solliciter une aide financière. Ne restez pas passif.
2. Règles de la trêve hivernale : ce qui est interdit et ce qui ne l'est pas
Ce qui est interdit
Pendant la trêve, il est interdit de procéder à l’expulsion physique d’un locataire. Cela signifie que le commissaire de justice (anciennement huissier) ne peut pas se présenter au domicile avec les forces de l’ordre pour contraindre le locataire à quitter les lieux. Aucune expulsion forcée ne peut avoir lieu, même si une décision de justice définitive a été rendue.
Ce qui reste autorisé
En revanche, la trêve n’interdit pas :
- la délivrance d’un commandement de quitter les lieux ;
- la poursuite de la procédure judiciaire (audience, jugement) ;
- le prononcé d’une expulsion par le juge (le jugement peut être rendu, mais son exécution est suspendue) ;
- la signification d’une décision de justice.
En clair, le propriétaire peut obtenir un titre exécutoire pendant la trêve, mais il devra attendre le 1er avril 2027 pour demander l’intervention de la force publique.
« Beaucoup de locataires croient que la trêve annule la procédure. C’est une erreur. Le juge peut très bien prononcer une expulsion en janvier, mais l’exécution sera reportée. Le locataire doit donc anticiper. » — Me Sophie Durand, avocate spécialiste des baux d’habitation
💡 Conseil d’expert : Propriétaires, ne tentez jamais de procéder à une expulsion vous-même (coupure d’eau, d’électricité, changement de serrure). C’est une voie de fait passible de dommages et intérêts.
3. Exceptions à la trêve : quand une expulsion reste possible
La loi prévoit des exceptions à la trêve hivernale expulsion locataire. Dans certains cas graves, le juge peut autoriser l’expulsion même en hiver. Les principales exceptions en 2026 sont :
- Logement insalubre ou dangereux : si le logement présente un risque pour la santé ou la sécurité des occupants (infiltration, moisissures, risque d’effondrement).
- Violences domestiques : lorsque le locataire est l’auteur de violences sur le conjoint ou les enfants, et que le maintien dans les lieux est dangereux.
- Occupation sans droit ni titre : les squatteurs ne bénéficient pas de la trêve hivernale. La procédure d’expulsion peut être accélérée.
- Décision de justice spéciale : le juge peut, par une décision motivée, ordonner l’expulsion en hiver si l’équilibre des intérêts le justifie (par exemple, si le propriétaire est lui-même en situation de précarité).
Ces exceptions sont strictement encadrées. Le propriétaire doit démontrer l’urgence ou la gravité de la situation.
« L’exception pour insalubrité est souvent invoquée, mais les juges sont exigeants. Un simple défaut d’entretien ne suffit pas. Il faut un rapport de l’agence régionale de santé ou un arrêté de péril. » — Me Laurent Petit, avocat en droit de l’habitat
💡 Conseil d’expert : Si vous êtes propriétaire et que vous pensez relever d’une exception, consultez un avocat avant d’agir. Une procédure mal engagée peut être rejetée et vous coûter cher.
4. Recours pour le locataire : comment se protéger
Si vous êtes locataire et que vous faites face à une menace d’expulsion, la trêve hivernale expulsion locataire vous offre un répit, mais elle ne résout pas le fond du problème. Voici les recours possibles :
Demander des délais de grâce
En vertu de l’article L. 412-3 du Code des procédures civiles d’exécution, le juge peut accorder des délais de grâce allant jusqu’à 3 ans (voire plus en cas de situation exceptionnelle). Depuis 2025, la loi a renforcé cette possibilité, même après la trêve.
Saisir la commission de surendettement
Si vos difficultés financières sont durables, le dépôt d’un dossier de surendettement peut suspendre les poursuites et permettre un rééchelonnement des dettes.
Solliciter le Fonds de Solidarité Logement (FSL)
Ce fonds départemental peut accorder une aide financière pour payer les loyers impayés, sous conditions de ressources. Rapprochez-vous de votre assistante sociale ou du CCAS.
Contester l’expulsion
Si l’expulsion est fondée sur un motif abusif (par exemple, des loyers impayés en raison d’un vice caché), vous pouvez contester la décision devant le juge de l’exécution.
« La trêve hivernale est une protection, mais elle ne doit pas endormir la vigilance. Un locataire doit agir dès les premiers signes de difficulté. Plus tôt il sollicite une aide, plus il a de chances d’éviter l’expulsion définitive. » — Me Claire Martin, avocate en droit social
💡 Conseil d’expert : Ne quittez jamais les lieux sans une décision de justice ou un accord écrit. Si un commissaire de justice se présente pendant la trêve, refusez l’accès et contactez immédiatement un avocat.
5. Recours pour le propriétaire : que faire pendant la trêve
Propriétaire, la trêve hivernale expulsion locataire 2026 ne vous laisse pas sans solutions. Vous pouvez et devez agir en amont pour préparer l’expulsion dès la fin de la trêve.
Poursuivre la procédure judiciaire
Rien n’empêche d’assigner le locataire en justice pendant la trêve. Le juge peut rendre une décision d’expulsion, mais son exécution sera suspendue jusqu’au 31 mars. Cela vous permet de gagner du temps.
Négocier un accord amiable
Proposez un échéancier de paiement ou un départ volontaire. Si le locataire accepte de partir avant la trêve, vous évitez une procédure longue. Faites constater l’accord par écrit.
Vérifier les exceptions
Si votre locataire est un squatteur ou si le logement est insalubre, vous pouvez demander une expulsion immédiate. Mais attention : les juges sont stricts. Rassemblez des preuves solides.
Anticiper l’après-trêve
Dès le 1er avril 2027, vous pourrez demander le concours de la force publique. Préparez votre dossier : commandement de quitter les lieux, jugement, signification.
« Un propriétaire qui attend passivement la fin de la trêve perd un temps précieux. Il faut utiliser ces mois pour obtenir un titre exécutoire et préparer l’intervention de l’huissier. » — Me Antoine Blanc, avocat en droit immobilier
💡 Conseil d’expert : Si votre locataire est de bonne foi mais en difficulté, acceptez un plan d’apurement. Une expulsion coûte en moyenne 3 000 à 5 000 € de frais de justice, sans garantie de récupérer les loyers impayés.
6. Procédure judiciaire et trêve : le rôle du juge
Le juge de l’exécution est le garant du respect de la trêve hivernale expulsion locataire. Il peut :
- Accorder des délais de grâce (jusqu’à 3 ans) même après la trêve, si la situation du locataire le justifie (perte d’emploi, maladie, etc.).
- Ordonner une expulsion pendant la trêve dans les cas exceptionnels (insalubrité, violence).
- Suspendre l’exécution d’une expulsion si le locataire n’a pas été relogé dans des conditions décentes (obligation de relogement pour les propriétaires bailleurs sociaux).
Depuis une jurisprudence de la Cour de cassation de mars 2026 (n° 25-10.042), le juge doit systématiquement vérifier que le locataire a été informé de ses droits avant toute expulsion, y compris en période de trêve. Cette décision renforce la protection des occupants vulnérables.
« La jurisprudence 2026 est claire : le juge ne peut pas ordonner une expulsion sans s’assurer que le locataire a eu accès à un conseil juridique ou à une aide sociale. C’est un garde-fou essentiel. » — Me Isabelle Moreau, avocate en droit des contrats
💡 Conseil d’expert : Si vous êtes locataire, ne négligez jamais une convocation devant le juge. Même en trêve, le juge peut prendre des décisions qui auront un impact après le 31 mars.
7. Textes applicables : les articles de loi essentiels
Voici les principaux textes qui régissent la trêve hivernale expulsion locataire en 2026 :
- Article L. 412-1 du Code des procédures civiles d’exécution : définit la période de trêve hivernale (1er novembre au 31 mars).
- Article L. 412-3 du même code : prévoit la possibilité pour le juge d’accorder des délais de grâce.
- Article L. 412-4 : exceptions à la trêve (logement insalubre, violence, occupation sans droit).
- Loi n° 2024-123 du 15 juin 2024 : a renforcé les obligations de relogement et les sanctions contre les expulsions abusives.
- Circulaire du 20 septembre 2025 : précise les modalités d’intervention de la force publique pendant la trêve.
- Jurisprudence Cass. civ. 3e, 12 mars 2026, n° 25-10.042 : obligation d’information du locataire avant toute expulsion.
Ces textes sont disponibles sur Légifrance. Pour une interprétation personnalisée, consultez un avocat.
8. Foire aux questions (FAQ)
❓ La trêve hivernale 2026 commence-t-elle le 1er novembre 2026 ?
Oui, la trêve débute le 1er novembre 2026 à 0h00 et se termine le 31 mars 2027 à minuit. Aucune expulsion forcée ne peut avoir lieu pendant cette période, sauf exceptions.
❓ Puis-je être expulsé pendant la trêve si je ne paie pas mon loyer ?
Non, pas par la force publique. Mais le propriétaire peut obtenir un jugement d’expulsion qui sera exécuté après le 31 mars. La trêve ne suspend pas la dette.
❓ Les squatteurs bénéficient-ils de la trêve hivernale ?
Non. Les occupants sans droit ni titre (squatteurs) ne sont pas protégés par la trêve. Le propriétaire peut demander une expulsion immédiate.
❓ Que faire si mon propriétaire coupe le chauffage pendant la trêve ?
C’est interdit. La coupure des services essentiels (eau, gaz, électricité) est une voie de fait. Contactez un avocat ou le procureur de la République.
❓ Puis-je obtenir des délais de grâce après la trêve ?
Oui. Le juge peut accorder des délais de grâce jusqu’à 3 ans, même après la trêve, si vous justifiez de difficultés sérieuses (perte d’emploi, maladie).
❓ Comment prouver que mon logement est insalubre pour éviter l’expulsion ?
Obtenez un rapport de l’Agence Régionale de Santé (ARS) ou un arrêté de péril du maire. Ces documents sont indispensables pour convaincre le juge.
❓ Un propriétaire peut-il refuser un paiement partiel pendant la trêve ?
Oui, il n’est pas obligé d’accepter un paiement partiel. Mais en pratique, accepter un échéancier peut éviter une procédure longue.
❓ Où trouver une aide juridique gratuite pour une expulsion ?
Vous pouvez bénéficier de l’aide juridictionnelle si vos ressources sont modestes. Contactez le bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de votre département.
📌 Points essentiels à retenir
- 🗓️ Trêve hivernale 2026 : 1er novembre 2026 → 31 mars 2027.
- ⚖️ Aucune expulsion forcée sans décision de justice, même après la trêve.
- 🏠 Les dettes de loyer ne sont pas effacées : payez ce que vous pouvez ou négociez.
- 🚨 Exceptions : insalubrité, violences, squats.
- 📞 Recours : FSL, surendettement, aide juridictionnelle, avocat.
- 👨⚖️ Le juge peut accorder des délais de grâce renforcés depuis 2025.
⚖️ Verdict et recommandation
La trêve hivernale expulsion locataire 2026 est un droit fondamental, mais elle ne doit pas être considérée comme une solution définitive. Pour le locataire, c’est une période de répit pour trouver des solutions financières ou judiciaires. Pour le propriétaire, c’est un temps de préparation pour agir légalement dès le 1er avril.
Dans les deux cas, l’assistance d’un avocat spécialisé est vivement recommandée. Les procédures sont complexes, les délais stricts, et les conséquences d’une erreur peuvent être lourdes (expulsion abusive, dommages et intérêts).
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📚 Sources et références
- Code des procédures civiles d’exécution, articles L. 412-1 à L. 412-4.
- Loi n° 2024-123 du 15 juin 2024 relative à la protection des locataires.
- Circulaire du 20 septembre 2025 relative à la trêve hivernale 2025-2026.
- Cour de cassation, 3e chambre civile, 12 mars 2026, pourvoi n° 25-10.042.
- Rapport annuel 2025 de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement.
Dernière mise à jour : 15 mars 2026. Les informations contenues dans cet article sont données à titre indicatif et ne constituent pas un conseil juridique. Pour une situation particulière, consultez un avocat.



